Nous rejoignons Kaolack vers 18h30 et rien ne nous pousse vraiment à rester dans cette ville : point de transit commercial entre le Sénégal, la Gambie et le Mali. Le paysage qui nous est offert n’est pas des plus séduisants : c’est sale, blindé de camions, de bus et de taxis, et nous sommes assaillis par des rabatteurs dès notre arrivée…
Ces derniers se battent pour que nous partions vers leurs bus, leurs hôtels ou leurs taxis mais nous réussissons finalement à trouver le bus en direction de Bamako : il quitte Kaolack à 19h. Juste le temps de manger un bout et nous prendrons la direction du Mali!
La trajet dure normalement 24h, et quand nous voyons le bus arriver, nous sommes agréablement surpris. Nous n’avions pour ainsi dire jamais vu un bus aussi moderne depuis notre arrivée en Afrique. Habituellement, les bus que nous empruntons ici sont plus que rustiques, rafistolés de partout, on se demande comment ils peuvent encore rouler. Lors de notre dernier trajet par exemple, une des portières est resté dans les bras du chauffeur lorsque les passagers ont voulu monter!
Ici, on se dit que le trajet sera long, mais plus confortable que nous l’imaginions…
C’est donc vers 19h que nous montons dans le bus, et première déception, nous entrons dans un véritable four : chauffé au soleil toute la journée, l’intérieur doit tourner autour des 40°c, sans un poil d’air. Tous les passagers transpirent à grosses goutes et au bout de dix minutes, nous avons l’impression de sortir d’une douche.
Heureusement, il semble que le nombre de passagers corresponde au nombre de places, ce qui n’est pas vraiment la norme ici. C’était sans compter sur le premier arrêt dix minutes plus tard durant lequel de nouveaux passagers s’installent dans l’allée centrale.
Malgré tout après quelques kilomètres, le chauffeur ouvre les portes du bus et l’air commence à rentrer : tant que nous roulons, il y a du vent et tout devient plus confortable.
Le trajet se passe donc plutôt bien et nous arrivons vers 4h du matin au poste frontière entre le Sénégal et le Mali.
Après la vérification des passeports, nous avons notre beau tampon de sortie et nous espérons encore naïvement arriver à Bamako le lendemain.
Le chauffeur ne semble en revanche pas décidé à repartir vers la frontière Malienne située à 5km de là. Peu importe, le poste frontière ouvre à 8h : que nous attendions ici ou là bas, il n’y a pas une grande différence…
Lorsque le bus est arrêté, la chaleur devient vite difficile à supporter et c’est donc sur le bord de la route que nous allons tenter de dormir un peu. Vers 7h, nous sommes réveillés par quelques ânes et reprenons la direction du bus qui ne devrait plus tarder à repartir.
A 8h, un brin d’inquiétude apparait car nous sommes toujours à quai et quelques personnes s’affairent autour du bus avec tout l’attirail du parfait mécanicien : Le bus ne veut plus démarrer et nous demandons donc quelques renseignements. Là, c’est le drame, le chauffeur nous dit qu’il faut changer une pièce, nous luis demandons combien de temps ça va prendre : “48 ou 72 heures, je sais pas trop”!!! Ah la bonne nouvelle…


La rumeur se répand mais personne ne semble trouver ça bizarre, chacun s’occupe comme il peut en espérant que l’attente sera moins longue que prévu.
Plutôt que d’attendre, nous décidons coinjointement avec un Gambien et un Nigérian de prendre nos affaires et de partir à pied à la recherche d’un autre bus. C’est à ce moment qu’un homme apparait et nous dit qu’il est le responsable de la compagnie. Il nous affirme qu’il a appelé un autre bus situé à 100kms de là pour continuer le trajet et que d’ici 1h ou 2 le problème sera réglé!
Les heures tournent, l’ennuie est profond et le soleil devient de plus en plus dur à supporter dans cette inactivité latente.
Vers 14h, le responsable qui avait disparu depuis sa dernière annonce réapparait et le ton monte!
Le Gambien et le Nigérian s’énervent et nous demandent de traduire la conversation en Français (venant de pays anglophones, ils ne peuvent se faire comprendre tout seul) : eh oui, nous sommes aussi interprètes chez FTT.
Bref, on se retrouve au coeur d’une bonne engueulade qui au final n’aboutit à rien même si le responsable affirme que dans moins de deux heures nous serons repartis.
C’est alors que l’orage fait son apparition et déverse sur le village une pluie torrentielle obligeant la quasi-totalité du bus à se réfugier dans un petit local avec quelques chaises.
Un huis-clos s’organise et pour la première fois depuis de longues heures, l’ambiance devient plus agréable : la pluie radoucit l’atmosphère et la promiscuité pousse aux conversations…


Nous entamons chacun de longues discussions et on apprend à se connaître mutuellement. Ils sont plusieurs à insister pour que l’on prenne adresses ou numéros de téléphones et des séances photos s’organisent avec nos appareils…
Malgré tout, l’heure passe et l’attente redevient plus pénible. C’est à ce moment qu’un homme arrive avec une pièce neuve qui pourrait permettre de réparer le bus. Manque de chance, le chauffeur refuse de payer et demande à tous les passagers du bus de payer 1000 francs CFA, tout le monde refuse et nous reprenons donc notre inactivité…
C’est finalement vers 18h que le bus tant attendu arrive, le transfert des bagages commence et prendra environ 1h : Entre les caisses de poissons, les sacs de riz, les poules, etc… c’est un gros déménagement qui voit le jour.


Nous repartons finalement vers 19h et arrivons soulagé à la frontière Malienne. C’est l’heure du dédouannement des marchandises et des contrôles de passeport : c’est long mais on a au moins l’impression que ça avance.
Après 1h30 environ, le bus repart, mais manque de chance, il s’agit d’une antiquité et roule beaucoup plus doucement. Nous pensions mettre 11 heures entre la frontière et Bamako, il nous en faudra 20…
C’est donc à 16h30 que nous achevons ce trajet interminable, et nous plaignons nos compagnons Gambiens et Nigérians, qui partent respectivement vers Niamey au Niger et Lagos au Nigéria, ils n’ent sont qu’au tiers de leurs trajets…
Pour conclure, il nous aura fallut 45h30 pour rallier Bamako, et c’est avec un énorme soulagement que nous sommes arrivés dans notre auberge au coeur de la capitale Malienne.
Vous ne pouvez imaginer à quel point la douche froide et le premier vrai repas depuis 2 jours furent salvateurs.
Après deux nuits presques blanches, il est désormais temps de dormir un peu…
A très vite,
FTT.
Ps : Désolé on n’avait pas trop le coeur à prendre des tonnes de photos de notre bus…